Points APE dans les écoles

Question de M. Laurent Henquet à
Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre
de l’Éducation, de la Culture et de
l’Enfance, intitulée « Points APE dans les
écoles »

7/10/2014

NB: En l’absence de J. Milquet pour maladie c’est R. Madrane qui répond à la question.
M. Laurent Henquet (MR). – Monsieur le ministre,
je me joins aux voeux de M. Crucke et du
groupe MR pour souhaiter un prompt rétablissement
à Mme Milquet même si, par ailleurs, je
ne suis pas du tout d’accord avec sa politique de
l’éducation.
Lors du conclave budgétaire de la Wallonie, il
a été décidé de raboter d’environ 1,5 pour cent les
points d’aide à la promotion de l’emploi (APE), ce
qui fait tout de même dix millions d’euros.
L’impact sur les écoles de la Fédération
Wallonie-Bruxelles est direct puisque la Wallonie
octroie de cette manière des aides administratives
aux directeurs des écoles fondamentales sous la
forme d’environ trois cents emplois équivalents à
un temps plein. Le risque de voir une diminution
de l’encadrement administratif dans nos écoles est
donc bien réel.
Le 16 octobre 2014, au salon de l’éducation
à Charleroi, Mme Milquet a rencontré des directeurs
d’écoles du fondamental inquiets et a affirmé
que la diminution des points APE n’aurait pas
d’impact sur les écoles. Sa porte-parole a conclu
l’entretien en rappelant que ces engagements seraient
tenus et que la ministre de l’Éducation rencontrerait
Mme Tillieux à cette fin.
Mme Milquet a-t-elle finalement rencontré la
ministre Tillieux qui, interrogée il y a quinze jours
au parlement wallon, est restée muette sur cette
rencontre ?
Mme Tillieux accepte-t-elle de déroger à sa
politique en matière d’emploi pour le monde de
l’école ? Ceci risque de poser des problèmes dans
d’autres secteurs. Que compte faire Mme Milquet
si la ministre Tillieux ne change pas de position sur
les points APE destinés aux écoles ? Affectera-telle
une enveloppe dans son budget pour ne pas diminuer
l’encadrement administratif dans les écoles
du fondamental pour que « les engagements pris
soient tenus » ?
M. Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la
Jeunesse, des Maisons de justice et de la Promotion
de Bruxelles. – La convention sur l’enseignement
n°06 464 conclue avec la Wallonie permet
chaque année à la Communauté française d’engager
ou d’autoriser l’engagement dans les établissements
scolaires d’agents sous contrat d’aide à la
promotion de l’emploi.
La ministre Milquet rencontrera au cours du
mois de novembre Mme Tillieux pour parler de
cette convention et en particulier des points APE.
M. Laurent Henquet (MR). – Je n’ai pas eu de
réponses à la majorité de mes questions. Je reviendrai
sur ce sujet. Si la ministre Tillieux ne revoit
pas sa position, la Communauté française devra
prendre ses responsabilités.
J’ai été directeur d’une école pendant treize
ans. Les directions sont inondées de tâches administratives,
surtout dans l’enseignement primaire.
Quand l’école a la chance d’être accolée à une
école secondaire, celle-ci affecte du personnel à
ces tâches. Si l’école primaire est seule, les tâches
administratives du directeur avoisinent les quatre-vingts
à nonante pour cent de son temps alors qu’il
est censé guider pédagogiquement ses enseignants
et en particulier les jeunes recrues. En effet, quarante
pour cent des enseignants quittent leur fonction
durant les quatre premières années ; pour éviter
cette fuite il faut que les directeurs aient du
temps pour les accompagner durant leurs premiers
pas.
Si l’enseignement doit être performant,
comme le prévoit le pacte d’excellence de la déclaration
de politique communautaire, il faut
leur donner ce temps et non prendre des mesures
contraires. Pour ma part, je suis même favorable à
l’augmentation des points APE et de l’aide administrative
dans les écoles, surtout primaires.