L’objectif et le financement de la Maison des langues à l’UCL

QUESTION ORALE DE M. HENQUET À MME TILLIEUX, MINISTRE DE L’EMPLOI ET DE LA FORMATION, SUR « L’OBJECTIF ET LE FINANCEMENT DE LA MAISON DES LANGUES À L’UCL »

24/02/2015
M. Henquet (MR). – Madame la Ministre, présenté avant les élections régionales, le projet conjoint UCL-FOREm avait été mis en stand-by. Il vient d’être réactivé, puisque normalement, une société anonyme à finalité sociale a été créée fin janvier pour cette fameuse maison des langues.
Le FOREm va y donner des formations en langues étrangères à destination des demandeurs d’emploi, des travailleurs, des formateurs et des apprentis.
Du côté de l’UCL, les nouveaux locaux accueilleront les étudiants en master qui viendraient notamment de Marie Haps pour leurs deux dernières années d’étude, en traduction et en interprétariat.
La finalité de cette structure est donc double.
Pour l’UCL, l’utilisation du centre est évidente, puisque à partir de l’an prochain, les formations ne seront plus données en hautes écoles, mais elles seront données à Louvain. Pour le FOREm, cela ne semble pas très clair. Quelle utilisation va-t-on en faire ? Celui-ci propose déjà différents projets et différentes formations pour les acteurs désirant parfaire leurs connaissances en langues étrangères, tels les stages linguistiques en écoles de langues, les stages en entreprises en Flandre et en Communauté germanophone ou encore des modules en anglais, néerlandais ou allemand.
Je souhaite donc vous poser les questions suivantes.
Le centre cogéré avec l’UCL a-t-il vocation à centraliser et donc à remplacer les modules de formation du FOREm déjà existants ou s’agira-t-il d’un nouveau centre supplémentaire ? Concernant les coûts, il semble normal que ceux-ci soient partagés entre les deux opérateurs de formation : le FOREm et l’université.
Le bâtiment qui doit accueillir l’ensemble des futurs étudiants et demandeurs d’emploi va coûter plus ou moins 6 millions d’euros. On sait que l’UCL prendra 1 million à sa charge, la Fédération Wallonie-Bruxelles, 2 millions d’euros et la Région wallonne prendra le reste, soit 3 millions d’euros. Le FOREm semble donc, à lui seul, assumer la plus grosse partie des frais. Pouvez-vous expliquer ce qui justifie pareille répartition ?
Mme Tillieux, Ministre de l’Emploi et de la Formation. – Monsieur le Député, le plan Marshall 2.vert, lancé en décembre 2009, fixait notamment comme priorités, dans le cadre de la mesure plan Langues, d’encourager l’apprentissage des trois langues nationales, ainsi que de l’anglais.
En avril 2014, le Gouvernement wallon décidait de développer le projet d’implantation d’un centre de référence en langues à Louvain-la-Neuve, à travers une structure partenariale, associant principalement le FOREm et l’UCL, totalement dédiée au développement des compétences linguistiques de la population en Communauté Wallonie-Bruxelles et en Wallonie.
Les activités qui seront proposées par le FOREm dans la Maison des langues s’inscrivent dans le cadre d’une offre plus large, et concerneront des publics multiples, à savoir :
– d’une part, les demandeurs d’emploi et les travailleurs qui souhaitent augmenter leurs chances de décrocher un emploi ou de progresser dans leur carrière, via des tests de positionnement ou de validation de compétences, des services de conseil et de formation, des tables de conversation, des modules d’interculturalité, de l’aide à la défense de candidature en français et/ou en langue étrangère ;
– d’autre part, les enseignants et les formateurs qui se verront proposer un perfectionnement linguistique, une offre de formations en pédagogie ou une veille technologique pour l’enseignement ;
– et enfin, les élèves, étudiants et apprentis qui souhaitent progresser dans leur apprentissage linguistique, via la proposition de stages en entreprise, de modules de langue métiers, de simulations d’entretiens d’embauche, d’une assistance à la rédaction d’un CV, d’une préformation en français langue étrangère pour les étudiants étrangers, et cetera.
Depuis novembre 2014, le FOREm développe déjà, sur le site de l’UCL, des modules intensifs en langues à destination des demandeurs d’emploi et des travailleurs, en néerlandais niveau A2 et en français langue étrangère.
Très prochainement, le FOREm planifiera l’organisation de modules intensifs en anglais.
Par la suite, dans le cadre d’une convention de partenariat à développer avec l’UCL, le public visé par ces formations sera élargi et inclura les étudiants et jeunes diplômés, voire les enseignants et les formateurs.
En ce qui concerne le montage budgétaire de la Maison des langues, celui-ci se chiffre à 5 millions d’euros et comprend :
– une subvention de 2 000 000 d’euros du ministre de l’Enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles à l’UCL ;
– une subvention de 3 000 000 d’euros octroyée par mon département au FOREm ;
– un apport de 1 million d’euros, via le droit d’emphytéose consenti par l’UCL, sur les biens, pour une durée de cinquante ans et aux conditions à définir.
La prise en charge me paraît donc assez équilibrée.
L’UCL et le FOREm finalisent actuellement le processus de rédaction d’une convention de souscription et d’actionnariat qui traduira leurs engagements, droits et obligations en ce qui concerne la constitution, la capitalisation, l’actionnariat et la gestion de la société à créer.
Ma volonté, ainsi que celle du Gouvernement wallon, est bien de mettre en œuvre et de renforcer de telles synergies, permettant de favoriser le développement des compétences linguistiques de la population wallonne et de promouvoir un enseignement des langues de qualité.
M. Henquet (MR). – Je vous remercie pour votre réponse. Il n’est nullement question, dans mon chef, de mettre en cause quoi que ce soit au niveau de l’enseignement des langues. On sait très bien que l’avenir de tout le monde, avec un pays qui s’ouvre sur l’Europe et le monde, c’est la maîtrise des langues. C’est un atout indéniable pour pouvoir décrocher un emploi. Il n’est donc nullement question de remettre cela en cause, mais je me demandais si la répartition n’était pas trop défavorable pour le FOREm, quand on connaît les finances de la Région wallonne, d’autant que l’on n’avait pas, dans l’article, la répartition et le taux d’occupation de l’université par rapport aux demandeurs d’emploi.
Spontanément, j’avais envie de dire que ce sera essentiellement occupé par les étudiants de l’UCL et que, donc, on aurait eu disproportion, d’autant que certains évoquaient le fameux réflexe bâtiment qu’aurait le FOREm. Vous savez, cette tentation de vouloir systématiquement acheter, sans nécessairement prendre en compte tous les frais qui dérivent de l’achat d’un bâtiment, à savoir tout ce qui est entretien, et cetera. Je m’étais donc inquiété pour les finances de la Région wallonne, puisque l’on sait tout de même bien que l’on a un déficit et une dette assez importante.