Liens entre l’enseignement qualifiant et le monde de l’entreprise

Question de M. Laurent Henquet à Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance, intitulée « Liens entre l’enseignement qualifiant et le monde de l’entreprise »

27/01/2015

M. Laurent Henquet (MR). – Madame la ministre, décrivant l’enseignement comme la première urgence francophone, vous avez mentionné qu’il fallait absolument adapter les contenus des cours et accorder une attention particulière à l’enseignement qualifiant. Je vous rejoins sur ce point.

Vous souhaitez notamment une plus grande adéquation et un décloisonnement plus important de cet enseignement d’avec le monde socio- économique. Dans cette optique, l’enseignement en alternance est une piste très intéressante. Il est malheureusement souvent dévalorisé alors qu’il devrait être une filière d’excellence, comme c’est notamment le cas en Communauté germanophone et en Allemagne.

Deux problèmes se posent à ce niveau, celui de son organisation et celui de son financement.

Madame la ministre, quelles mesures réalistes envisagez-vous pour créer des synergies entre le monde de l’entreprise et celui de l’école ? Ce débat revient depuis des décennies sans que l’on constate vraiment des changements dans le secteur.

Avez-vous eu des contacts avec Mme Tillieux, votre collègue au gouvernement wallon chargée de la Formation en alternance ? Si oui, quelles en sont les conclusions ?

Enfin, comment comptez-vous financer ce projet de décloisonnement entre le monde économique et l’école ? On en revient encore au budget, mais vous allez sans doute me dire que l’on adaptera les enveloppes.

Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance. – Le financement doit venir en partie du monde économique. Comme il est très intéressé par l’amélioration de l’excellence de l’enseignement, il doit également participer à son financement.

Sur ce plan, j’ai quelques idées bien précises qui devraient permettre de faire financer certains projets de l’enseignement qualifiant par les fonds sectoriels des entreprises. Nous avons donc de bons espoirs de financement pour le qualifiant. Nous avons aussi déposé un important projet pour lequel nous devrions recevoir de l’argent du Fonds social européen.

Les mesures sont multiples. Nous déposerons prochainement une note pour la réunion conjointe des gouvernements wallon et bruxellois visant à renforcer la réforme, qui va de l’accélération de la définition des métiers du SFMQ à celle des référentiels. Nous avons vraiment progressé.

La finalisation du contrat unique d’apprentissage sera un plus pour toutes les entreprises. C’est le cas également de la généralisation de l’alternance – nous participerons d’ailleurs, avec le Roi, à une mission en Allemagne sur le thème de l’alternance. Il en va de même de nos rencontres avec toutes les fédérations d’entreprise depuis septembre pour ouvrir de nouvelles filières en phase avec leurs besoins, inciter les directions à abandonner les filières peu porteuses et à en choisir de plus judicieuses.

Il faudra mettre de l’ordre dans les options pour faire en sorte que nous soyons beaucoup plus en phase avec les besoins des entreprises et le partenariat par bassins scolaires que nous sommes en train de développer.

L’installation des bassins et des structures a dé- buté ce mois-ci. Viendront ensuite le cadastre, les stratégies et les collaborations avec les entreprises. Nous entrons ainsi dans une phase de concrétisation.

M. Laurent Henquet (MR). – Je me réjouis des futures collaborations avec les entreprises car beaucoup d’écoles de l’enseignement qualifiant peinent à trouver des stages pour leurs élèves.

L’Office francophone de la formation en alternance chapeautera désormais les Cefa et l’IFAPME. Historiquement, les premiers sont davantage liés à l’enseignement, tandis que le second l’est aux classes moyennes. Les filières en alternance accueillent des enfants qui ont rencontré des difficultés dans le système scolaire classique.

J’insiste pour que l’on retrouve ces caractéristiques dans l’organe unique, l’Office francophone de la formation en alternance. Les Cefa développaient surtout un accompagnement éducatif et pédagogique en plus du volet technique alors que l’IFAPME insistait davantage sur ce dernier. J’aimerais que l’Offa conserve les spécificités des uns et des autres pour former cette coupole au bénéfice de nos élèves.