L’état de la Wallonie

L’état de la Wallonie

  • Question écrite du 03/06/2015
    • de HENQUET Laurent
    • à MAGNETTE Paul, Ministre-Président du Gouvernement wallon

    Si la nouvelle LSF était appliquée de manière abrupte, des écarts entre la situation budgétaire avant et après mise en œuvre de la sixième réforme de l’État seraient constatés.

    Afin d’éviter ce problème, ces montants sont fixés en termes nominaux durant 10 ans puis seront, comme vous le savez, ramenés progressivement et de manière linéaire, à zéro au cours des 10 années suivantes.
    Ce mécanisme est communément qualifié de « transitoire », car il permettra d’amener progressivement les Entités fédérées aux nouvelles recettes qu’elles percevront en application de la nouvelle LSF.

    Le redressement de la Wallonie n’est donc pas seulement un objectif idéal vers lequel il faut tendre, mais une absolue nécessité pour assumer notre autonomie à l’aube de 2034.

    Malheureusement, la situation actuelle est loin d’être idyllique. Deux paramètres importants peuvent être pris en considération pour juger de l’état de la Wallonie : le PIB par habitant et la part de l’IPP.

    Selon le professeur G. Pagano de l’UMons, le budget du plan Marshall 4.0 est trop peu important pour provoquer un impact de 1 % sur le PIB. Depuis 2005, la Wallonie est parvenue à stabiliser sa part de PIB au niveau national, mais l’écart n’a pas été réduit : il reste bloqué à 25 % entre la Flandre et la Wallonie.

    Quant à l’écart au niveau de l’IPP entre la Wallonie et la moyenne nationale, il est ainsi passé de -15 % à -12 %, ces 10 dernières années. C’est un signal positif, mais c’est trop lent.

    Didier Paquot de l’UWE n’est pas moins sévère : considérant également le PIB par habitant, mais aussi le taux d’emploi et le taux de chômage, il dit ne pas voir de progression sur ces 10 dernières années.

    Sans pour autant nier certaines faiblesses, dans le discours de Monsieur le Ministre-Président sur l’État de la Wallonie du 25 mars dernier, il utilisait les termes « dynamique de redressement ». L’avis de ces deux analystes est toutefois relativement sévère. Comment justifier un tel décalage d’analyse ?

    Monsieur le Ministre-Président est-il trop optimiste ou ces deux personnalités du monde économique sont, quant à elles, décidément trop négatives ?

  • Réponse du 25/06/2015
    • de MAGNETTE Paul

    Comme le mentionne l’honorable membre, de nombreux indicateurs peuvent attester de l’état de santé ou du dynamisme d’une économie. On pense ainsi, naturellement, au taux d’emploi, au taux de chômage, au nombre de faillites, au nombre de créations d’entreprises ou aux investissements étrangers. Lorsqu’ils sont calculés de manière scientifique et exploités de façon pertinente, tous ces indicateurs contribuent à construire une certaine lecture de la réalité économique à l’œuvre dans une économie donnée.

    Dans le cadre de mon discours sur l’état de la Wallonie, je me suis imposé, à dessein, la rigueur intellectuelle de me centrer sur cinq paramètres qui décrivent l’évolution de notre tissu socio-économique, à savoir : la production intérieure, l’emploi intérieur, le chômage, les exportations et les investissements étrangers.

    Ma volonté était ainsi de dresser un bilan sans concession de l’état économique de la Wallonie, mais qui permette de sortir de la contingence en soulignant les effets de tendance désormais à l’œuvre dans l’économie de notre Région. J’ai ainsi opté, autant qu’il est possible et scientifiquement pertinent, pour des séries longues et stabilisées méthodologiquement.

    Si l’on accepte ce cadrage, on ne peut que constater le rattrapage wallon. C’est en ce sens que je parlais dans mon intervention de la « dynamique de redressement ».

    Que ce soit en termes de croissance du PIB, de réduction du chômage, d’emploi dans le secteur industriel ou encore de financement de l’innovation, la Wallonie a, en effet, rattrapé voire dépassé la moyenne nationale et/ou européenne.

    Cela signifie-t-il que tout soit parfait en Wallonie ? Certainement pas. Comme je ne manque jamais de le préciser, le chemin reste encore long. Il ne s’agit nullement de pratiquer la méthode Coué, mais il convient de constater et de souligner que nos efforts entrepris depuis le Contrat d’avenir et à travers les Plans Marshall successifs portent leurs fruits et que la Wallonie a changé.

    À l’instar des analystes que cite l’honorable membre, je ne manque donc jamais d’insister sur l’importance de poursuivre notre action afin qu’en Wallonie :
    – le nombre de créations et la taille des PME augmentent ;
    – les exportations soient davantage tournées vers les pays émergents ;
    – la productivité dans les secteurs traditionnels se renforce ;
    – ou que le niveau de formation soit davantage en adéquation avec les secteurs en croissance, notamment en matière de multilinguisme.

    Afin de faire face à ces enjeux, le Gouvernement a développé des stratégies innovantes.

    Ainsi après le Plan Marshall en 2005, le Plan Marshall 2.vert en 2009 et les objectifs à long termes identifiés au travers du Plan Marshall 2022, le Gouvernement entend poursuivre ses efforts afin de mettre à disposition de l’action publique des outils ambitieux aptes à garantir le déploiement d’une stratégie de développement régional. C’est tout l’enjeu du Plan Marshall 4.0.

    Cette ambition s’entend évidemment sur le long terme. Voilà pourquoi le Plan Marshall constitue toujours le cœur de la stratégie wallonne : parce qu’il vise la racine du problème et répond à celui-ci à la fois en rénovant les secteurs industriels porteurs, en changeant les mentalités et en renforçant l’image de la Wallonie.