Les primes pour les demandeurs d’emploi

Question orale de M. Henquet à Mme Tillieux, Ministre de l’Emploi et de la Formation, sur « les primes pour les demandeurs d’emploi »

02/06/2015

 

 

M. Henquet (MR). – Madame la Ministre, alors qu’une nouvelle enquête menée par Manpower remet une nouvelle fois en exergue la pénurie de main-d’œuvre qualifiée en Belgique, une idée innovante vient d’être émise au Parlement bruxellois, via le dépôt d’une proposition d’ordonnance.

Elle consiste en l’octroi de primes pour les demandeurs d’emploi qui suivent une formation en vue d’exercer un métier reconnu en pénurie.

Le montant proposé à Bruxelles s’élèverait à 350 euros ; ce qui n’est pas négligeable puisque cela peut représenter près de la moitié des allocations de chômage pour certains. Des garde-fous seraient, bien entendu, prévus afin de supprimer l’effet d’aubaine auquel on pourrait s’attendre, la prime n’étant octroyée que si le demandeur d’emploi suit la formation jusqu’à son terme.

L’objectif est clair : orienter les demandeurs d’emploi vers les filières de formation qui assurent un emploi.

Que pensez-vous de cette initiative ? L’estimez-vous possible, souhaitable et/ou envisageable en Région wallonne ?

 

Mme Tillieux, Ministre de l’Emploi et de la Formation. – Monsieur le Député, l‘initiative de la Région de Bruxelles-Capitale ne manque pas d’intérêt et sa mise en œuvre sera suivie avec attention par les acteurs wallons de l’emploi et de la formation. Ce type d’aide pourrait être examiné lors des discussions avec les partenaires sociaux dans le cadre du Pacte pour l’emploi et la formation qui se penchera, entre autres, sur une réorganisation des systèmes d’incitants financiers pour la formation.

Il convient toutefois de rappeler les efforts que la Région a consacrés à la lutte contre les pénuries de main-d’œuvre qualifiée ces dernières années, soit 87 millions d’euros, au cours des années 2010 à 2014, afin, d’une part, d’identifier les besoins des entreprises et des demandeurs d’emploi et, d’autre part, d’adapter l’offre de formation en conséquence de manière à renforcer l’accès à l’emploi.

Je reviendrai, dans quelques instants, sur le détail des actions mises en œuvre, en réponse à une question de Mme la Députée De Bue. Toutefois, en matière de formation, chaque année, plus de 6 000 demandeurs d’emploi suivent une formation donnant accès à un métier en pénurie ou en demande de main-d’œuvre. Les participants à ces formations bénéficient déjà d’un contrat de formation professionnelle qui prévoit l’assurance du demandeur d’emploi, le défraiement de ses frais de déplacement et une indemnité d’un euro par heure de formation suivie.

Enfin, il convient de rappeler que malgré les efforts de sensibilisation, d’orientation et de formation dégagés par le Gouvernement wallon, certaines pénuries de main-d’œuvre subsistent en raison des conditions de travail ou de rémunération proposées par les entreprises, d’une précarisation des emplois disponibles ou du déficit d’image de certaines professions.

 

M. Henquet (MR). – Madame la Ministre, si on considère que l’emploi est le premier problème en Wallonie, même si vous soulignez le fait qu’effectivement, pas mal de possibilités sont déjà offertes aux demandeurs d’emploi justement qui visent les métiers en pénurie, je pense que s’il y a une autre proposition qui est sur la table, il peut être bien d’en tenir compte.

Vous dites qu’il y en a 6 000 qui suivent, aujourd’hui, des formations dans des métiers qui sont en pénurie, mais c’est 6 000 sur 250 000 chômeurs ! Même si l’effort est à souligner, et je le souligne, en termes de personnes qui suivent des formations , c’est relativement encore restreint. Je plaide pour que vous y soyez attentive.

Enfin, petite rectification tout à fait partisane, ce n’est pas une initiative du Parlement bruxellois, c’est une initiative d’un groupe politique du Parlement bruxellois, je vous laisse deviner lequel !