Les nouveaux problèmes informatiques rencontrés par l’administration

Les nouveaux problèmes informatiques rencontrés par l’administration

  • Question écrite du 05/06/2015
    • de HENQUET Laurent
    • à LACROIX Christophe, Ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative

    On le sait, de nos jours, l’outil informatique est un outil de gestion merveilleux et indispensable pour nos administrations, mais lorsqu’il est défaillant, il peut tout aussi bien tourner au cauchemar et devenir un véritable casse-tête pour nos fonctionnaires.

    Il semble que cette deuxième option est malheureusement le lot d’un service de l’administration wallonne en charge de l’urbanisme (DGO4). En effet, le programme Workflow qui est sensé procurer une aide à la gestion des procédures de remise d’avis ou de délivrance de permis d’urbanisme pose de gros problèmes depuis plusieurs mois, engendrant nervosité et ras-le-bol chez les fonctionnaires comme chez les citoyens en quête d’informations.

    La société liégeoise NSI qui a mis au point le programme il y a une dizaine d’années, mais qui n’en assume pas l’exploitation (du ressort du SPW) constate que le programme n’a pas été modifié depuis des années et que l’architecture informatique a vieilli et qu’il est difficile d’en assurer la maintenance. Elle insiste sur le fait qu’il faudrait faire évoluer l’application de manière régulière, mais que cela a un coût.

    Sous la pression des fonctionnaires irrités, la société a travaillé pour y remédier et le SPW y travaillerait encore.

    Peut-on espérer qu’une solution sera trouvée rapidement afin que ce service primordial pour les citoyens soit à nouveau opérationnel à 100 % ? Si oui, quelles sont les pistes envisagées ? Quand seront-elles effectives ?

    Quel est le coût pour la Région wallonne engendré par ce problème et par la résolution de celui-ci ?

    De manière générale, le constat émis par la société NSI est interpellant et ne concerne sans doute pas uniquement le service de l’urbanisme.

    Quelles sont les mesures concrètes que vous mettez en œuvre en matière de vieillissement et de maintenance de l’architecture informatique afin de ne plus rencontrer ce type de problème ?

    Quels sont les budgets consacrés à la simplification administrative via la modernisation de l’appareil informatique du SPW ?

  • Réponse du 23/06/2015
    • de LACROIX Christophe

    L’utilisation des outils informatiques repose sur une infrastructure qui est constituée d’une part de biens matériels (pc, réseau, serveurs,…) et d’autre part de biens immatériels (progiciels et applications spécifiques).

    Cette infrastructure informatique « matérielle et immatérielle » du SPW fait l’objet d’un renouvellement ou d’une rénovation continue de manière à assurer en permanence l’ajustement des outils aux besoins des services de l’administration et des usagers.

    Sur base de sa connaissance de l’utilisation des infrastructures matérielles du SPW et du marché des technologies et de ses standards techniques, et compte tenu des perspectives futures et des contextes métiers particuliers, le DTIC (service informatique du SPW), procède d’initiative à l’ajustement permanent de ses capacités en matériels informatiques et logiciels pour répondre aux besoins des Directions générales du SPW.

    Le rythme de renouvellement ou d’extension de ces capacités techniques « matérielles » est dans ce cas essentiellement le reflet d’une anticipation de l’évolution des besoins et des ressources disponibles dans les services IT du SPW, qu’elles soient humaines ou budgétaires.

    En ce qui concerne le volet « immatériel » (les applications, les progiciels), les cycles de modernisation doivent intégrer d’autres variables comme les modifications réglementaires qui impactent les manières de travailler avec les applications, les évolutions fonctionnelles demandées par les utilisateurs (pour assurer un « tuning » des applications), ainsi que la gestion du changement (d’autant plus critique que le nombre d’utilisateurs est important).

    Ceci explique que pour certaines applications coûteuses en développement ou concernant un nombre important d’utilisateurs (et donc impliquant une gestion de changement lourde), le cycle de vie d’utilisation approche voire dépasse les dix ans, ce qui s’avère source de difficultés pour faire face à l’obsolescence technologique.

    Sous la précédente législature, l’élaboration du CoDT a occupé le cabinet du Ministre de l’Aménagement du territoire pendant pratiquement 4 ans. Ceci a conduit à un sous-investissement chronique dans la maintenance du Workflow qui gère le processus de délivrance des permis d’urbanisme. En effet, dans le contexte d’élaboration du CoDT, créer un nouveau logiciel sur base de la réglementation en vigueur c’est-à-dire le CWATUPE eut été une gabegie.

    Ce logiciel assez ancien, développé par la société NSI il y a une dizaine d’années, ne peut en effet plus être modernisé « à la marge » et nécessiterait une réécriture complète.

    Outre son obsolescence technologique, les problèmes que cette application connait à l’heure actuelle sont essentiellement liés à la quantité importante de dossiers qui sont stockés dans l’application. En effet, année après année, le nombre de dossiers croit ce qui dégrade les performances.

    À très court terme, des opérations sont en cours en vue d’améliorer les performances du workflow actuel. Une des pistes qui est poursuivie est l’archivage de dossiers de façon à réduire la taille des bases de données et permettre un accès plus rapide aux dossiers « vivants ».

    À moyen terme, le CWATUPE est amené à être remplacé par le CoDT. Le texte définitif du CoDT devrait être déposé sur la table du Parlement cet été.

    Pour remplacer l’application actuelle, une nouvelle application va être créée sur base des procédures définies dans le CoDT.

    De manière plus structurelle, le Gouvernement wallon est en train d’améliorer fortement l’anticipation des besoins informatiques des directions générales, notamment par une approche de plan directeur informatique aligné sur les stratégies métier définies pour l’administration.

    Le SPW travaille aussi à raccourcir le cycle d’utilisation des applications pour éviter leur obsolescence, tout en recherchant l’efficience de ses dépenses en maintenance pendant ce cycle.