Le plan de formation 2015 de l’Ecole d’administration publique (EAP)

Question orale de M. Henquet à M. Lacroix, Ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative, sur « le plan de formation 2015 de l’École d’administration publique (EAP) 

02/02/2015

M. Henquet (MR). – Monsieur le Ministre, lors des débats sur le budget 2015 et de la présentation du rapport annuel d’activités de l’École d’administration publique commune à la Communauté française et à la Région wallonne, vous avez annoncé qu’il ne sera plus organisé, sous cette législature, de nouvelle session du certificat de management public, tenant compte du nombre de lauréats déjà versés dans la réserve.

Malgré ces éléments, la remise à niveau de sa dotation, via son impact SEC négatif, permet à l’EAP d’avoir une dotation 2015 largement supérieure à 2014, ce qui lui permettra de mener à bien d’autres missions, comme :

  • les formations continues et transversales ;
  • les formations initiales, la formation des directeurs et des fonctionnaires ;
  • les formations en cours de carrière.

Concernant le Plan de formation 2015, le Gouvernement wallon a acté, le 22 janvier 2015, le fait que l’on pourrait rajouter une formation visant à réduire la fracture numérique. Le Conseil des ministres a d’ailleurs chargé l’EAP de mettre sur pied, en 2015, ladite formation.

En matière de résorption de la fracture numérique, quels sont les objectifs concrets recherchés par le Gouvernement wallon ? Quelle est la traduction en langage profane de ce que vous espérez par rapport aux compétences actuelles des fonctionnaires ?

Cette formation sera-t-elle accessible à tous les fonctionnaires de la fonction publique ?

Un document relatif au Plan de formation 2015 est-il d’ores et déjà disponible ? Dans l’affirmative, serait-il possible d’en disposer, notamment pour toutes les formations données par l’EAP ?

Il n’y aura plus de session organisée par le management. A-t-on une idée du nombre de personnes qui restent aujourd’hui en liste d’attente ?

Enfin, en lisant les dernières notifications du Gouvernement wallon, on voyait que des formations seraient organisées par l’EAP pour les membres des cabinets des ministres uniquement. Pourquoi a-t-on restreint cela ? Les collaborateurs des parlementaires ne devraient-ils pas aussi avoir accès à ce genre de formation puisque quelles que soient les formations, l’intérêt est public ?

M. Lacroix, Ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative. – Monsieur le Député, permettez-moi de ne pas revenir sur l’accord de coopération conclu entre les Gouvernements de la Région wallonne et de la Fédération Wallonie-Bruxelles en vue de la constitution de l’École d’administration publique et de la définition de ses missions. On en a beaucoup parlé au niveau de cette assemblée et avant que je n’arrive d’ailleurs.

J’aborderai ici la question liée au Plan de formation de l’EAP.

Après avoir été présenté en Comité supérieur de concertation, ce plan a fait l’objet d’un avis unanimement favorable de la part de l’ensemble des organisations syndicales.

Elles ont uniquement sollicité l’ajout d’une formation visant à réduire la fracture numérique du personnel, à destination plus particulièrement des agents de niveaux C et D.

Le Gouvernement wallon soutient cette demande. À l’heure où les technologies prennent une place de plus en plus importante dans notre vie au quotidien, j’estime que mon rôle est de veiller à ce que l’ensemble de nos fonctionnaires puisse être en mesure et en capacité d’accéder aux services de communication électronique de base. Je vise notamment la consultation d’une fiche de rémunération – qui est maintenant envoyée par voie électronique –, l’accès à l’intranet où il y a toute une série de documents importants dont le fonctionnaire doit prendre connaissance, l’utilisation d’une messagerie électronique. Il a été constaté et confirmé qu’il y avait effectivement des problèmes pour les niveaux C et D en cette matière.

Les objectifs et le programme de cette formation sont à préciser. Mes services y travaillent. On est en train d’élaborer puisque cette demande a été faite par les syndicats et approuvée par le Gouvernement wallon le 22 janvier. On travaille avec l’École d’administration à formaliser cette nouvelle formation.

Il s’agit d’un plan de formation très ambitieux. Ce plan de formation est bien entendu disponible et je voudrais vous remettre un exemplaire à l’issue de ma réponse. Il est le fruit d’un travail de concertation entre l’École et les services de formation des ministères de la Fédération Wallonie-Bruxelles et du SPW. L’année 2015 sera à considérer comme une année de départ et de test.

Pour ce qui est des postes à mandats, font partie du pool de candidats, les mandataires en place au sein des Services du Gouvernement wallon, de la Fédération Wallonie-Bruxelles et des OIP dont l’évaluation est « très favorable » ou « favorable », les titulaires du Certificat de management public et les titulaires du Brevet de Management du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui ont réussi l’épreuve Selor.

Les titulaires du Certificat de management public sont au nombre de 30.

Il convient d’ajouter à ces personnes, cinq autres lauréats, titulaires du Brevet de management public, qui ont réussi l’épreuve Selor. À l’heure actuelle, en Région wallonne, seuls les mandataires évalués très favorablement ont été reconduits dans leur mandat. Les autres postes à mandat n’ont pas encore été déclarés vacants par le Gouvernement wallon.

Concernant votre cinquième question, nous avons souhaité pouvoir permettre à l’EAP d’ouvrir éventuellement ses cours aux membres de cabinet, parce qu’il y a également, dans les cabinets, des niveaux C et D. Ils sont également confrontés à la fracture numérique. Il nous semblait que pour les personnes de ce type ou pour des profils plus particuliers en fonction des formations qui sont données dans l’EAP, les membres de cabinet pouvaient y participer et les suivre ; cela nous semble de bonne gouvernance de permettre de faire en sorte que l’administration et les cabinets soient traités sur un même pied d’égalité, ce qui ne peut que renforcer la notion de qualité du service public.

M. Henquet (MR). – Monsieur le Ministre, je suis étonné en vous entendant dans la mesure où vous me dites que la formation pour résorber cette fracture numérique s’adresse à des personnes qui ont relativement peu de compétences en informatique. Ne serait-il pas plus pertinent de considérer que cette base informatique devrait être acquise au moment de l’engagement ? On pourrait peut-être éviter pas mal de formations inutiles, surtout que vous me dites que ce sont des éléments très basiques. Tout le monde sait envoyer un courriel par Internet.

M. Lacroix, Ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative. – Je peux vous assurer que pour ce qui concerne les femmes d’ouvrage, par exemple – et je ne stigmatise pas du tout cette profession –, vous devez être bien conscient que ce sont des personnes qui ont parfois fait leur école primaire et pas plus et qu’elles ne sont pas familiarisées avec l’outil informatique. C’est vrai que nous, nous baignons tout le temps dedans, nos enfants, nos proches, et cetera. Je vous avoue qu’il y a une bonne part du personnel d’exécution qui n’est pas encore familiarisée avec cet outil.

Donc, mettre une clause de connaissance informatique pour recruter ce type de personnel me semble trop dur.

M. Henquet (MR). – Je suppose que l’on donne une formation en fonction du métier que l’on exerce. Je suppose que l’on ne demande pas aux dames que l’on engage comme femme d’ouvrage d’utiliser des ordinateurs ?

M. Lacroix, Ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative. – Si, parce que comme je vous l’ai dit tout à l’heure, les fiches de paie sont transmises de manière électronique. Consulter les agendas d’occupation des bureaux, c’est aussi sous format électronique.

M. Henquet (MR). – Oui, donc, c’est vraiment élémentaire.

M. Lacroix, Ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative. – C’est pour faire aussi des économies de manière telle que l’on économie le papier, et cetera. C’est vraiment de l’élémentaire.

M. Henquet (MR). – Concernant ma dernière question, c’est bien d’avoir un service public performant, de mettre le même pied d’égalité, les collaborateurs des ministres ainsi que les personnes de l’administration. Je pourrais tenir le même raisonnement et dire que si nous avons des collaborateurs parlementaires de tous les groupes parlementaires qui peuvent aussi accéder à ces formations, on en améliorera la qualité des questions qui seront posées, la connaissance des dossiers, cela participera de près ou de loin à l’amélioration de la gestion de la fonction publique.

Pour revenir sur les chiffres de cette École d’administration publique, c’est vrai qu’en reconsidérant le budget de l’an passé et en voyant celui de cette année, on était parti en 2014 avec une initiale de 1 250 000 euros. On a rajouté, pendant l’année des réallocations, 214 000 euros ; on arrive à 1 400 000 euros. Avec l’ajusté, on est déjà à 1 700 000 euros, soit une augmentation de 300 000 euros. L’initial passe donc à 2 900 000 euros, c’est-à-dire 1 200 000 euros en plus, même si l’on sait qu’il y a un transfert de personnel et du budget qui passe du SPW vers l’EAP. On prévoit encore, pour 2015, une augmentation apparemment de 700 000 euros. Alors que des formations étaient déjà organisées l’an passé par l’EAP, on va arriver pratiquement à un budget multiplié par trois alors que dans le même temps, vous dites que l’on bloque toutes les formations qui concernent les « managements ». Comment expliquez-vous que l’on en arrive à cette explosion de budget alors que, finalement les formations existaient déjà antérieurement ? Je peux peut-être reposer cette question une autre fois, puisque je vous relance la balle… Je formulerai une question la prochaine fois.