le gel des bourses d’immersion linguistique du FOREm

Question orale de M. Henquet à Mme Tillieux, Ministre de l’Emploi et de la Formation, sur « le gel des bourses d’immersion linguistique du FOREm »

10/03/2015

M. Henquet (MR). – Madame la Ministre, c’est vrai que certaines décisions me laissent parfois perplexe quand on suit l’évolution des dossiers de semaine en semaine.

Présenté avant les élections régionales, il y a un projet conjoint UCL-FOREm qui avait été mis en place, qui a été arrêté à un moment donné, qui a été réactivé, on en a parlé il y a quinze jours, je pense. Le FOREm va y donner des formations en langue étrangère pour des demandeurs d’emploi, pour des travailleurs, pour des apprentis et des formateurs.

En tant qu’opérateur de formation, le FOREm était déjà largement impliqué dans l’apprentissage des langues puisqu’il avait d’autres projets qui étaient déjà en route et qui fonctionnaient très bien, à savoir, celui d’attribuer des bourses pour que des étudiants qui ont terminé leurs études secondaires puissent faire des stages dans d’autres pays et ainsi se familiariser avec une autre culture et apprendre une autre langue. Ces jeunes pouvaient partir un semestre, parfois même, un an, pour se perfectionner, comme je viens de le dire.

Mais, c’est là que cela me laisse un petit peu perplexe, décision tout à fait inattendue d’après nos sources – je mets un petit bémol – il paraîtrait que ces bourses linguistiques seraient actuellement gelées.

Comment pouvez-vous justifier le gel de ces bourses, d’une part, alors que, d’autre part le FOREm vient d’investir dans le projet de formation avec l’UCL qui est relativement onéreux puisque l’on sait que le FOREm va dégager un budget de 3 millions d’euros ?

Pouvez-vous déterminer si ce gel est le signal d’une volonté de stopper cette procédure de subsidiation des séjours linguistiques ? J’espère que ce n’est pas le cas. Si ce n’est pas le cas, pouvez-vous me dire dans combien de temps vous comptez réactiver ce genre de projet ?

Mme Tillieux, Ministre de l’Emploi et de la Formation. – Monsieur le Député, le plan Marshall 2.vert lancé en décembre 2009 fixait dans ses priorités, dans le cadre de la mesure plan Langues, de promouvoir la mobilité et d’encourager l’apprentissage des trois langues nationales, ainsi que de l’anglais. Dans ce cadre, plusieurs programmes mis en œuvre et gérés par le FOREm permettent aux jeunes demandeurs d’emploi d’effectuer un stage dans une entreprise qui est installée soit en Flandre, soit en Communauté germanophone, à l’étranger dans un pays anglophone, ou de réaliser une immersion linguistique en école de langues à l’étranger également.

La formule « Seconde rhéto » permet, quant à elle, aux étudiants du secondaire supérieur, lorsqu’ils arrivent en fin de cycle, d’effectuer une ou plusieurs immersions – souvent, on coupe en deux l’année, on fait six mois d’un côté, six mois de l’autre – en école de langues, que ce soit chez nous, en Belgique, ou à l’étranger.

L’allocation de base dédicacée au plan Langues, et qui couvre notamment les dépenses relatives aux stages et bourses d’immersion linguistique, est directement liée au plan Marshall 2.vert, par conséquent couvre la période 2009-2014.

D’ores et déjà, je peux vous indiquer que le FOREm continuera d’assurer la gestion des différentes bourses langues, sur le modèle des bourses du plan Marshall 2. vert, et cela durant le premier semestre 2015. Le futur plan Marshall 4.0, qui sera adopté prochainement par le Gouvernement wallon, consacrera aussi un volet important – ce sera dans son un axe 1 – à l’apprentissage des langues. Les mesures proposées dans ce plan Marshall 4.0 vont s’appuyer sur l’évaluation du précédent plan Marshall, avec un rapport intermédiaire et un rapport de clôture présenté par le délégué spécial au Gouvernement wallon ce jeudi, par ailleurs, où il apparaît que les bourses qui atteignent le mieux leurs objectifs sont celles qui permettent d’effectuer un stage en entreprise, notamment les bourses BRIC, qui donnent l’opportunité aux jeunes diplômés et aux demandeurs d’emploi de réaliser un stage en entreprises dans l’un des pays émergents dits BRIC, c’est-à-dire Brésil, Russie, Inde et Chine.

Par ailleurs, le rapport de l’IWEPS concernant l’évaluation du plan Langues indique notamment qu’étant donné l’importance de l’effet réseau sur l’insertion à l’emploi, les mesures les plus efficaces, en ce qui concerne l’apprentissage et la valorisation des compétences des apprenants, sont celles qui permettent à ceux-ci de s’immerger en milieu professionnel et de mettre en pratique les acquis linguistiques qui pourront être valorisés dans leur projet professionnel.

Les demandeurs d’emploi, dans la mesure où ils collectent une expérience et des compétences en lien avec leur projet professionnel, constituent un public davantage enclin à valoriser cette expérience dans la foulée, ou par la suite. Le rapport montre par ailleurs que les bénéficiaires qui ont débuté leur recherche d’emploi avant et pendant l’action en langue, sont deux fois plus nombreux à s’insérer dans l’emploi, comparativement à ceux qui ont débuté leur recherche d’emploi après l’action d’immersion.

C’est pourquoi le futur plan Langues mettra l’accent sur les formules d’immersion linguistique en milieu professionnel, sans exclure a priori d’autres formules d’immersion, optimisées sur base de l’évaluation du plan Marshall 2.vert, notamment.

Une communication relative à ce nouveau plan Marshall 4.0 et les mesures langues qui y sont liées est prévue dès l’adoption de ce plan par le Gouvernement wallon, dans les quelques semaines à venir.

Ma volonté, ainsi que celle du Gouvernement wallon, est de continuer à mettre en œuvre et à renforcer de telles mesures adaptées, qui permettent aux citoyens wallons d’acquérir les compétences clés pour accéder durablement au marché de l’emploi et pouvoir, le cas échéant, avancer dans leur parcours professionnel de manière durable.

M. Henquet (MR). – Merci, Madame la Ministre. Vous avez insisté surtout sur l’évaluation de l’apprentissage des langues. C’est vrai que les voyages que l’on fait à l’étranger, que ce soit en Erasmus, après ces études supérieures, ou après le secondaire, comportent d’autres avantages que l’apprentissage, uniquement des langues. C’est sûr que les enfants reviennent en ayant acquis une assurance en eux-mêmes bien plus grande, ils ont appris à se débrouiller, ils ont appris l’ouverture à l’autre – la découverte des différentes cultures, c’est important – la responsabilité, l’organisation, la prise d’initiatives, bref un tas de compétences qui sont, pour moi, en tant qu’employeur – quand je l’ai été – tout aussi importantes que la connaissance des langues. Je pense qu’il ne faut pas restreindre les stages linguistiques uniquement à l’apprentissage des langues, mais qu’il y a toute une série de compétences parallèles qui sont développées et qui sont importantes.

C’est pour cela que je me permettais de signaler que c’est un petit peu dommage de l’éteindre. Vous avez signalé que le plan Marshall 4.vert allait proposer, sous d’autres formes sans doute, des stages linguistiques. C’est pour cela aussi qu’il y a 15 jours, je vous avais dit : « N’est-ce pas un peu bête – puisqu’ici, c’est toujours une question de budget – d’aller investir 3 millions d’euros dans un bâtiment ? N’aurait-on pas pu le louer et peut-être dégager des fonds pour justement l’affecter ailleurs ».

Vous allez me dire que choisir, c’est toujours mourir un peu. Comme vous êtes dans l’exécutif, c’est vous qui choisissez et moi, je constate et je commente.