Le développement du RAVeL

Question orale de M. Henquet à M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine, sur « le développement du RAVeL »

20/01/2015

 
M. Henquet (MR). – Monsieur le Ministre, je suis très heureux de pouvoir rejoindre votre commission, je n’ai pas pu le faire antérieurement parce que je suis essentiellement dans mes commissions, mais je vous avais dit que je passerais vous dire un petit bonjour.
Je vous sais sportif et donc je me suis dit, je vais traiter du vélo aujourd’hui.
Monsieur le Ministre, vous avez signalé dans la presse que le RAVeL, pour vous, était quelque chose d’important et que pour pouvoir l’étendre et l’entretenir, il fallait plus ou moins un budget annuel de 8 millions d’euros
Dans ces 8 millions d’euros, vous avez prévu plus ou moins 7 millions d’euros pour continuer à investir et 1 million d’euros concernant tout ce qui est l’entretien indispensable aux voies existantes.
Ce qui me pose problème, c’est que pour le budget 2015 il n’y a qu’une somme de 5,5 millions d’euros dégagés, donc forcément, il faut encore trouver 2,5 millions, sauf à considérer que l’on sous-financerait le RAVeL pour 2015, mais je ne pense pas que ce soit votre volonté.
Tout en connaissant le succès constitué par le RAVeL, il faut bien accepter qu’il n’est pas une véritable alternative aux routes et à la route pour les trajets domicile-école et domicile travail, je pense que c’est un point qui vous tient à coeur. Vous parlez souvent des liaisons emploi. Il faut bien reconnaitre que le RAVeL reste essentiellement un réseau touristique.
Ce RAVeL étant l’épine dorsale du réseau cyclable de la Wallonie, comme vous le dites, cette infrastructure est, par nature, dédiée au déplacement. Elle permettra donc, selon vos propres mots, un développement économique local grâce au vélo tourisme.
J’ai trois questions par rapport à tous ces propos.
Vous parlez de développement économique local, je voudrais savoir s’il y avait une étude précise qui avait été menée afin de savoir dans quelle mesure le RAVeL pouvait contribuer à l’essor du développement économique local, parce que c’est vrai, que moi, personnellement j’aime bien de circuler sur le RAVeL, on est souvent en pleine nature, on est souvent, soit le long du halage, soit le long d’anciennes voies ferrées et donc, je me demande, où l’on va pouvoir placer les entreprises qui pourraient, justement profiter de ce développement économique local, et quel type d’entreprises pourrait se placer le long des RAVeL ?
Deuxièmement, pouvez-vous chiffrer cet apport économique, si tel est le cas ?
Troisièmement, avez-vous trouvé depuis lors les 2,5 millions d’euros manquants pour pouvoir justement rendre opérationnel le plan que vous avez prévu ?

 
M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine. – Monsieur le Député, merci de faire un petit tour dans cette commission.
Il est vrai que le Plan RAVeL que j’ai initié a pour objet, d’une part de développer ce réseau des Voies vertes de Wallonie et d’autre part d’améliorer la qualité du réseau existant. Le fait que nous fêtions cette année le vingtième anniversaire du RAVeL est probablement une opportunité d’avoir un regard un peu prospectif sur son devenir tout en tirant un peu le bilan de ce qu’il a été et de ce qu’il a pu apporter aussi comme développement à la Wallonie.
Ce plan a été élaboré par des experts de mon cabinet et de la Direction des modes doux de la DGO1, forts de leur expérience de 20 ans d’existence du RAVeL, enrichie de réflexions de partenaires du monde associatif, tels que les Chemins de rail dont l’expertise est reconnue en matière d’étude de voies vertes.
Concernant le financement de ce plan, je confirme qu’il faudrait idéalement 8 millions d’euros par an pour rencontrer les objectifs de celui-ci, 7 millions d’investissements, 1 million en entretien, vous l’avez rappelé et je vous confirme également que parmi l’ensemble des nombreuses priorités des routes régionales et des voies hydrauliques, 5,5 millions d’euros ont été dégagés en 2015. Lorsque j’ai fait l’interview sur le sujet, je n’ai pas nié qu’il fallait monter progressivement en puissance pour arriver à 8 millions d’euros par an, sans cacher qu’il n’était pas certain que je pourrais atteindre ce seuil dès l’exercice 2015. Si la possibilité m’en est offerte dans le cadre des arbitrages auxquels je vais devoir me livrer, l’ajustement sera l’occasion de faire un pas additionnel.
En tout cas, c’est l’objectif, the target, et je souhaite pouvoir l’atteindre dans les meilleurs délais. En ce qui concerne les retombées économiques du vélo-tourisme, les études à l’étranger sont légion. J’ai ici quelques chiffres présentés en avril 2014 lors du colloque Wallonie cyclable et qui concerne nos voisins indirects. Aux Pays-Bas, en 2011, 289 millions d’euros ont été dépensés par les touristes à vélo. En France, le vélo-tourisme représente 2 milliards d’euros de chiffres d’affaires et 16 500 emplois, en Allemagne, près de 2,5 millions d’Allemands, prennent chaque année 15 jours de vacances à vélo, ce qui représente 9,2 milliards d’euros de chiffres d’affaires, 186 000 emplois et 22 millions de nuitées.
Je pense que ces seuls chiffres des pays limitrophes sont de nature à nous interpeller et à regarder autrement le développement durable du RAVeL, puisque d’aucuns parfois me prennent pour un farfelu en évoquant l’importance de développer ces liaisons à un RAVeL les chainons manquant pour avoir un maillage dense, faire en sorte qu’il puisse y avoir aussi un usage complémentaire au tourisme et même à vocation d’emplois ou scolaire avec ce réseau. Nous voyons à travers ces seuls chiffres, que c’est aussi le développement économique et pas qu’une volonté d’avoir de beaux chemins où les oiseaux gazouillent. Je pense que c’est important de mettre tout cela en perspective.
Avec un réseau de voies vertes que d’autres pays nous envient, traversés par trois itinéraires internationaux : La Meuse à vélo, l’Euro-vélo III, Saint-Jacques-de-Compostelle, Tronhei en Norvège et l’Eurovélo V, Londres-Rome, il n’y a pas de raison que la Wallonie fasse exception en la matière.
Ainsi la Communauté germanophone a déjà fait part de retombées très positives de la Wenbhan, le tronçon du RAVeL qui traverse l’est de la Belgique sur 125 km entre Aix-La-Chapelle et Trois-Vierge au Luxembourg.
Un groupe de travail a été constitué à mon initiative avec mes collègues ministres du Tourisme, M. Collin et de la Mobilité M. Di Antonio, afin d’établir une politique transversale cohérente de promotion du vélo. Celui-ci s’est déjà réuni en décembre dernier et la prochaine réunion de ce groupe de travail c’est la semaine prochaine, avec les administrations concernées. Le RAVeL est bien au coeur de ces différentes réflexions puisque cette infrastructure est au service, on vient de le rappeler, tant du tourisme à vélo que de la mobilité douce au quotidien et à l’occasion des 20 ans du RAVeL, il est important pour moi, que le développement économique et social de la Wallonie puisse aussi passer par le développement de ce maillage de RAVeL sans oublier d’ailleurs, vous y avez fait allusion tout à l’heure en évoquent le sport, l’intérêt que cela représente pour la santé, dont j’exerce aussi la compétence ; voilà, Monsieur le Député.

 

 

M. Henquet (MR). – Grand merci, Monsieur le Ministre, je ne puis qu’acquiescer à toutes vos propositions. C’est vrai que j’ai eu peur que vous ne compariez avec la Hollande, parce que l’on sait que forcément la Hollande est le pays du vélo, forcément, il y a un développement économique là-bas, ce n’est pas étonnant. Maintenant, en est-on à un point tel en Wallonie ? Je ne pense pas. Je pense que c’est intéressant de le promouvoir.
Je ne savais pas qu’il y avait des réseaux internationaux qui traversaient la Wallonie. C’est très bien et je vous rejoins évidemment, sur le fait, même indépendamment du développement économique, de pouvoir circuler à vélo en toute sécurité. C’est extrêmement important et donc, nous savons très bien – vous connaissez l’adage – « plus de sport égale médecine préventive » que les soins de santé représentent l’un des budgets les plus faramineux dans le budget que ce soit fédéral ou régional.
Je ne puis que me réjouir du développement de ce RAVeL. Je vous encourage à promouvoir son expansion.
Je me demandais si vous n’aviez pas les 2,5 millions. Je ne vais pas relancer le débat. Vous allez soit diminuer les investissements et, je suppose, continuer à entretenir ce qui existe ? Merci bien.