Gouvernance numérique

Question de M. Laurent Henquet à Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance, intitulée «Gouvernance numérique»

03/03/2015

M. Laurent Henquet (MR). – Lorsque vous avez décrit l’enseignement comme étant la première urgence francophone, vous avez proposé plusieurs pistes de solution aux problèmes que rencontre notre école aujourd’hui. Parmi celles-ci, vous mentionnez la qualité de la gouvernance dont vous préconisez l’amélioration, notamment par l’informatisation des procédures administratives. C’est une problématique relativement récurrente dans cette commission.

À cet égard, vous dites qu’en Fédération Wallonie-Bruxelles, le retard au niveau de la gouvernance numérique est de quinze ans par rapport à la Flandre. Je trouve que le jugement est relativement sévère.

Madame la Ministre, quelles mesures concrètes comptez-vous prendre pour améliorer le niveau opérationnel actuel des procédures administratives informatisées?

Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance. – Nous avons instauré une stratégie pour renforcer la numérisation de la gouvernance, la simplifier, perdre moins de temps, avoir des données plus précises et une vision plus transparente sur toute une série d’éléments. Nous allons commencer par le système PLAF. Pour la première fois, grâce au travail réalisé avec les établissements des différents réseaux, nous allons pouvoir lancer ce site avec les places disponibles dans l’enseignement fondamental, partout et tous réseaux confondus, dans toutes les communes en Fédération Wallonie-Bruxelles pour la rentrée 2015, en tout cas. Le système sera de toute façon opérationnel bien avant. Une application web simplifiée sera mise à disposition de tous pour connaître les places encore disponibles dans les établissements ordinaires et spécialisés. Le système utilisera des données en provenance des écoles, grâce à un formulaire intelligent mis en ligne dans les applications médias métiers.

J’ai rencontré les représentants de la Communauté flamande pour savoir si nous pouvions nous inspirer des systèmes mis en place pour améliorer le nôtre. En collaboration avec l’ASBL Claroline Connect, acronyme de Classrooms Online, nous analysons la possibilité d’équiper les écoles d’un espace numérique de travail entièrement modulable par établissement scolaire. Cette plateforme informatique propose non seulement des services de vie scolaire (notes, prises d’absences en temps réel, horaires des agendas, messagerie intégrée), mais également des services pédagogiques permettant d’innover dans des approches didactiques (manuel, numérique, espace de travail, etc.).

Par ailleurs, des groupes de travail sont constitués au sein des directions, chargés de noter point par point tous les éléments à améliorer (formulaires et autres) que nous voulons absolument inscrire en ligne directe avec une interconnexion des différents systèmes informatiques entre l’administration et les réseaux. Nous voulons uniformiser les formulaires et supprimer l’envoi de documents par la poste. Nous avons un projet de consultance pour doper la vision de la gestion numérique informatique en Fédération Wallonie-Bruxelles.

M. Laurent Henquet (MR). – Je pensais qu’il y avait du neuf. Si vous dites que nous avons quinze ans de retard, c’est que vous avez effectué des comparaisons. J’attendais plus d’informations concrètes…

Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance. – En Fédé- ration Wallonie-Bruxelles, on pleure depuis des années pour avoir un site consacré à l’enseignement fondamental. Les parents cherchent désespérément des places. Lors de mon entrée en fonction, j’ai appris qu’il n’y avait pas de tableau indiquant les places disponibles. J’ai dû moi-même téléphoner aux établissements pour leur demander qu’ils m’envoient par courriel leur liste des places disponibles. Nous avons alors répertorié tous ces chiffres sur un site qui sera opérationnel après Pâques et accessible à tous. CRIc No77-Educ.10 (2014-2015) ( 16 ) Ne pensez-vous pas que c’est déjà une très bonne nouvelle? On ne peut pas refaire l’informatique de toute une administration en trois mois!

M. Laurent Henquet (MR). – Nous pensions que vous aviez trouvé la panacée pour revigorer notre enseignement. Le système Claroline que vous avez cité existe déjà depuis des années dans les écoles. Ce n’est pas une nouveauté. Le décret sur les inscriptions n’a pas simplifié le travail administratif des directeurs et des secrétaires dans les écoles.

Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance. – Quand les directeurs viennent au groupe de travail, c’est en fonction de leur timing. Ils ne demandent pas une réunion tous les jours, ce n’est pas possible! Ils consultent leurs chiffres ensemble. Je veux travailler avec le terrain, avec tous les directeurs, mais ils doivent trouver le temps disponible. J’aimerais évidemment des réunions plus rapprochées, mais ils sont tous très occupés dans leur établissement. Ce groupe est installé, il a déjà avancé, mais il ne va pas sortir une thèse de doctorat en trois mois!

M. Laurent Henquet (MR). – Dans les écoles, les secrétaires de direction connaissent les problèmes qui bloquent. Ils se sont organisés en collectif pour informer l’administration et le cabinet des modifications administratives nécessaires pour améliorer les choses. Consultez-les.