Formation de « conseiller emploi »

Question de M. Laurent Henquet à
Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et
ministre de l’Éducation, de la Culture et
de l’Enfance, intitulée « Formation de
‘conseiller emploi’ »

 

13/01/2015

 

M. Laurent Henquet (MR). – Comme il s’agit
de compétences croisées avec la Région wallonne,
j’ai déjà interpellé la ministre Tillieux sur le même
sujet.
En Région wallonne, la fonction de
« conseiller-référent », c’est-à-dire d’accompagnateur
individuel des demandeurs d’emploi, a
des problèmes d’identité. Alors que l’on estimait,
voici cinq ans, qu’il fallait six cent vingt-quatre
conseillers pour réaliser cent cinquante mille entretiens
individualisés par an, ce nombre n’a en
réalité jamais été atteint. Au contraire, on ne dé-
nombre que quatre cent cinquante conseillers et
les choses ne vont pas en s’améliorant.
L’administratrice générale du Forem, Mme
Vanbockestal, explique cette frilosité pour la fonction
par la pénibilité de la tâche. Les conseillers
ont affaire à des publics de plus en plus difficiles
et de plus en plus éloignés du marché de l’emploi.
De plus, ce métier requiert énormément de compétences
tant économiques que sociales, juridiques
ou psychologiques.
Ce constat amène l’administratrice générale
du Forem à réclamer une professionnalisation du
métier. Elle souhaite la création d’une formation
spécifique de « conseiller emploi » en écoles. Ce
projet semble légitime vu l’importance de la mission
dévolue à ces conseillers accompagnateurs
des demandeurs d’emploi.

Bonne nouvelle pour le Forem : le gouvernement
wallon annonce dans sa déclaration de
politique régionale qu’il entend « développer la
fonction de conseiller référent en tant que mé-
tier à part entière alliant des connaissances économiques,
sociales et juridiques ; mettre en place, au
sein du Forem, une offre de formation interne de
ces conseillers et mener une réflexion avec la Fédé-
ration Wallonie-Bruxelles afin de tenir compte de
la spécificité de ces métiers dans le cadre de l’offre
de formation initial ».
Par contre, aucune mention de cette collaboration
n’apparaît dans la déclaration de politique
communautaire.
Madame la ministre, où en est la collaboration
avec la Wallonie sur la création d’une filière
de conseiller en emploi citée dans la déclaration
de politique régionale ? Avez-vous rencontré la ministre
Tillieux à ce sujet ? S’agira-t-il d’une formation
organisée dans le secondaire ou en hautes
écoles ?
Si elle l’est dans le secondaire, sera-ce une option
de base simple ou groupée ? En qualification
ou en transition ? À partir de quelle année ?

 

Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre
de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance.
– Si une telle formation s’impose, elle ne
pourra certainement pas être organisée dans l’enseignement
obligatoire. La fonction de conseiller
en emploi est complexe. Elle exige de sérieuses
compétences en psychologie, en droit et en économie
qui, selon moi, ne peuvent être acquises que
dans l’enseignement supérieur. Pour cette raison,
j’avais proposé que M. Marcourt réponde directement
à votre question.

 
M. Laurent Henquet (MR). – Madame la ministre,
ne craignez-vous pas qu’il faille attendre
dix ans avant que les premiers diplômés d’un baccalauréat
dans cette filière ne soient opérationnels ?
La Région wallonne manque déjà de tels
conseillers référents pour accompagner les demandeurs
d’emploi.

 

Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre
de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance.
– Une filière spécifique de trois années n’est
peut-être pas nécessaire. Des formations de base
et une petite spécialisation devraient suffire pour
exercer la fonction de conseiller à l’emploi. À cela
viendrait se greffer une formation commune en
droit et en économie.

 
M. Laurent Henquet (MR). – L’enseignement
technique de qualification propose des formations
de niveau A2 aux métiers d’éducateur et d’animateur
social. Pour l’avoir constaté sur le terrain, ces
formations sont efficaces. En Région wallonne, les
besoins en conseillers référents sont criants. Il aurait
été plus facile d’intégrer une formation ad hoc
dans le programme actuel de l’enseignement technique
de qualification. Bien entendu, ces diplômés
n’ont généralement guère plus de dix-huit ou vingt
ans et ils ne possèdent pas le bagage de ceux qui
peuvent se prévaloir de trois années d’enseignement
supérieur.

 
Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre
de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance.
– Je ne pense pas qu’il soit souhaitable de désigner
un travailleur de cinquante ans ou des universitaires
au chômage pour être conseiller en emploi.

 
M. Laurent Henquet (MR). – C’est clair. J’interpellerai
donc M. Marcourt. Je vous remercie.