Aspect budgétaire de la revue Prof

Question de M. Laurent Henquet à
Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre
de l’Éducation, de la Culture et de
l’Enfance, intitulée « Aspect budgétaire de
la revue Prof »

 

13/01/2015

 
M. Laurent Henquet (MR). – En mars 2009,
la Fédération Wallonie-Bruxelles a lancé la revue
Prof, diffusée à 116 000 exemplaires et distribuée
à tous les membres du personnel de l’enseignement.
Cela représente indéniablement un coût en
termes de publication et de distribution. Si l’on
considère la division organique 40 à l’article de
base 01.12, ce coût s’élève à 195 000 euros.
Bien que je m’interroge sur l’aspect politique
que peuvent parfois prendre certains articles, il
n’est pas dans mes intentions de mettre en doute
le caractère informatif des articles pédagogiques
publiés. J’aimerais cependant mettre en évidence
deux propositions qui permettraient de réaliser
des économies.
À l’heure actuelle, la revue est envoyée par
courrier postal. Celui qui la souhaite en version
électronique doit en faire la demande. Ne serait-il
pas plus intéressant d’opter pour la démarche inverse
: envoyer systématiquement la revue par voie
électronique et faire parvenir uniquement la version
papier à celui qui en fait la demande ? Cela
éviterait des frais d’impression et de transport qui,
comme je viens de le signaler, sont très importants.
De plus, il arrive que deux exemplaires soient
envoyés à la même adresse parce que deux
membres du personnel enseignant y habitent.
Madame la ministre, êtes-vous prête à envisager
l’envoi de la revue essentiellement sous forme
électronique ? Quel est le nombre de doublons
existant aujourd’hui ? Une économie pourrait sans
doute être faite à ce niveau. Sans mettre en question
la qualité des articles rédigés, accepteriez-vous
de lancer une enquête pour connaître le pourcentage
d’abonnés qui lisent réellement Prof ?

 
Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre
de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance.
– Monsieur, si j’en ai les moyens, je privilégierai
plutôt les enquêtes portant sur les sujets clés du
pacte d’excellence et qui touchent les enseignants
et les élèves, même si votre demande est intéressante.
En revanche, vous mettez le doigt sur un élé-
ment important. Les professeurs ont une adresse
de courriel professionnelle dont l’usage est actuellement
réservé à la diffusion d’informations relatives
aux traitements. D’ailleurs, certains d’entre
eux ne l’utilisent pas et passent parfois à côté
d’une augmentation de salaire à laquelle ils auraient
droit. Nous devrions faire de ce courriel un
outil de travail de l’enseignant, le lieu de la transmission
de bonnes pratiques ou d’initiatives, sans
toutefois les inonder d’informations.
Dans ce cadre général, nous pourrions très
bien envoyer la revue Prof sous forme électronique
et réserver le format papier à ceux qui en feraient
la demande. Les professeurs risquent néanmoins
d’être moins informés, ce qui serait dommage vu
la qualité de la revue.
Je précise que je n’ai rien à voir avec sa ligne
éditoriale. Notons également que le plaisir de lecture
n’est pas le même dans le cas d’une revue
en version électronique. Il importe que les enseignants
lisent Prof, ne fut-ce que quelques articles
et je pense que le format papier y engage davantage
que la version électronique.
Pour conclure, utiliser les adresses de courriel
afin de diffuser des informations relatives à la vie
pédagogique, auxquelles les enseignants n’ont pas
nécessairement un accès direct, est une bonne idée.

 
M. Laurent Henquet (MR). – La question ne
rivalise pas avec les enjeux du pacte d’excellence
mais, devant le nombre d’exemplaires restant sur
la table dans les salles de professeurs, je tenais à la
poser.
Je voudrais quand même signaler que l’intervention
de politiques est sensible dans certains numéros.
En mars 2011, Mme Simonet vantait la certification
par unité ; en mars 2012, M. Marcourt
vantait sa réforme ; dernièrement, c’était à votre
tour d’exposer le pacte d’excellence.

 
Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre
de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance.
– Il est normal qu’un ministre de l’Enseignement,
quelle que soit sa couleur politique, explique aux
enseignants ce qu’il compte faire.

 
M. Laurent Henquet (MR). – Ces informations
sont largement relayées par les médias. Il faut
savoir que la revue Prof est subsidiée par la Fédé-
ration Wallonie-Bruxelles.
Tous les journaux évoquent votre pacte d’excellence
et il ne me semble pas utile d’en parler
dans une publication destinée aux enseignants.
Dans ce cas, vous devriez permettre à l’opposition
de donner son avis sur le sujet.

 
Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre
de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance.
– Je n’ai rien sollicité, son équipe rédactionnelle
m’a demandé d’expliquer le projet et ceci ne sera
pas récurrent.

 
M. Laurent Henquet (MR). – Votre position
est défendable mais il n’est pas normal que l’opposition
ne puisse pas exposer ce qu’elle pense du
pacte d’excellence aux personnes qui dépendent de
la Communauté française.

 
Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre
de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance.
– Ces personnes peuvent se renseigner en consultant
le compte rendu des débats sur le site du Parlement
de la Fédération Wallonie-Bruxelles !