44 millions du FSE pour le système éducatif

Question écrite du Député Laurent HENQUET

à la Vice-Présidente du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Ministre de l’Enseignement Obligatoire, de la Petite Enfance, des Bâtiments Scolaires et de la Culture    Joëlle Milquet.

OBJET : 44 millions d’euros du FSE pour le système éducatif.

17/02/2015

Le Programme 2014-2020 du Fonds social européen (FSE) est à présent sur les rails. Il s’agit, rappelons-le, d’une manne de 800 millions d’euros prise en charge à 50% par l’Union européenne et à 50% par la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles,  et destinée à booster, ea, l’emploi et le système éducatif, dans les entités fédérées.

Autrement dit, cela représente un investissement de 400 millions d’euros (sur une période de 6 ans) partagé entre la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Nous sommes là face à un projet d’ampleur puisque ce n’est pas moins de 378 projets qui ont été retenus par la task force indépendante chargée de la sélection.

Il nous revient que 44 millions seront directement investis dans le système éducatif. Excellente nouvelle, donc.

 

Madame la Ministre, je souhaite donc vous poser les questions suivantes :

Pouvez-vous nous dire dans quels secteurs de notre système éducatif, seront investis ces 44 millions?

Quels sont les critères objectifs qui ont prévalu dans le choix desdits secteurs ?

Quel est l’agenda que vous entendez suivre pour la mise en œuvre des différents projets ?

 

 

Réponse à la question écrite n°264 de Monsieur HENQUET du 17 février 2015 à Madame Joëlle MILQUET, Vice-présidente et Ministre de l’Education, de la Culture et de l’Enfance

Objet : 44 millions d’euros du FSE pour le système éducatif.

04/03/2015

Monsieur le Député,

 

Le programme opérationnel 2014-2020 a été divisé en 4 axes :

  1. Entreprises et créativité ;
  2. Connaissances et compétences ;
  3. Société inclusive et emploi ;
  4. Intégration durable des jeunes au travail.

 

L’enseignement obligatoire n’a pu rentrer des projets que dans certains axes et mesures :

  • axe 2, mesure 1 (offrir aux demandeurs d’emplois et aux travailleurs occupés des formations à haute valeur ajoutée, et des services de validation des compétences et acquis de l’expérience) ;
  • axe 2, mesure 2 (promouvoir un système de formation et d’enseignement performant) ;
  • axe 4, mesure 1 (intégration des jeunes de moins de 25 ans sur le marché du travail) ;
  • axe 4, mesure 2 (augmentation du nombre de jeunes NEET[1] hennuyers, liégeois ou bruxellois mis en activité) – réservée en Wallonie aux provinces de Hainaut et de Liège

 

Les projets qui ont été introduits par le Centre de Coordination et de Gestion des projets européens pour l’enseignement secondaire ont été soumis au processus de sélection par une Task Force indépendante chargée de faire des recommandations aux Gouvernements.  Les Gouvernements se sont engagés à ne pas déroger pour plus de 5% des budgets.  Les choix de la Task force ont été totalement respectés.

 

Tous les projets enseignement introduits ont été retenus, avec des montants certes pour certains projets revus à la baisse en fonction de l’enveloppe budgétaire disponible dans la mesure et de leur pertinence au niveau de la Task Force.

 

Les secteurs de notre système éducatif concernés essentiellement sont l’enseignement qualifiant et l’insertion durable des jeunes dans une formation qualifiante et puis sur le marché de l’emploi.  Ils s’articulent  autour des thématiques suivantes :

  • le développement de la formation en alternance comme filière d’excellence ;
  • le décloisonnement entre l’enseignement et l’aide à la jeunesse (collaboration renforcée entre Dispositifs d’Accrochage Scolaire, Services d’Accrochage Scolaire, Services d’Aide en Milieu Ouvert), soutien à la concrétisation du décret intersectoriel Enseignement – Aide à la Jeunesse ;
  • le décloisonnement entre les écoles et les entreprises ;
  • le décloisonnement entre les écoles et autres acteurs de formation ou d’éducation (SFPM, IFAPME, Enseignement de Promotion Sociale, FOREM, Bruxelles-Formation) ;
  • la formation continue des enseignants ;
  • la lutte contre l’échec scolaire et contre le décrochage par l’insertion du jeune dans un parcours orientant : travail au niveau du choix du métier, découverte et promotion des métiers du qualifiant ;
  • l’amélioration de l’insertion socio-professionnelle des jeunes issus de l’Enseignement spécialisé par un accompagnement spécifique entre la fin de leur scolarité et leur entrée dans la vie active ;
  • le renforcement de l’apprentissage des langues dans le qualifiant.

 

Les choix desdits secteurs ont été fixés par la Commission Européenne dans les critères imposés par l’appel à projets pour la programmation 2014-2020, critères qui ont ensuite été appliqués par la Task Force lors du processus de sélection.  Ils répondent également aux objectifs de la Déclaration de Politique Communautaire et du Pacte pour un Enseignement d’Excellence.

 

Concrètement, voici les projets qui ont été retenus :

1/ Le projet « Jonction » sur la formation des enseignants du qualifiant. Il servira notamment à financer les stages des enseignants en entreprise, les formations dans les CTA et les formations pour les nouveaux métiers.

 

2/ Le projet  « Partenariat enseignement-formation » pour financer des postes au Service Francophone des Métiers et Qualification (production des profils formation + assurance qualité) et des postes pour mettre en œuvre le Cadre francophone des certifications. Ce projet avait d’ailleurs reçu le soutien du Forem, de Bruxelles Formation, de l’IFAPME, du SFPME et de l’enseignement de promotion sociale.

 

3/ Le projet « Validation des compétences clés » qui s’adressera à des jeunes non scolarisables mais qui disposent de compétences réelles. Le but sera de ramener ces jeunes vers l’enseignement ou la formation ou un métier en validant les compétences dont ils disposent et en les coachant pour qu’ils intègrent un CEFA, la Promotion sociale… ou qu’ils présentent le jury de la FWB.

 

4/ Le projet STePS (Science & Technology Profiled Studies) à la demande de la Province de Liège qui gérera le projet.

 

5/ Le projet « Alternance » mais avec des accents nouveaux et de vraies innovations.

 

6/ Le projet « Transition Insertion » qui consiste à un accompagnement des jeunes sortant de l’enseignement spécialisé vers l’emploi ou des occupations de jour. Nous souhaitions étendre ce projet, ce qui va être difficile vu les budgets obtenus.

 

7/ Le projet « Accrojump » qui financera des projets développés par des établissements scolaires et des CEFA (au moins 3 établissements autour d’un même projet) pour l’accrochage scolaire principalement au 2ème degré qualifiant.

 

8/ Le projet du type plan d’action «Enseignement et aide à la jeunesse en actions » en collaboration avec l’aide à la jeunesse pour financer des actions de lutte contre le décrochage scolaire, cette fois en partenariat avec l’aide à la jeunesse, des AMO, etc.

 

Tous ces projets concernent l’Enseignement en Région wallonne.  C’est dans le courant du mois de mars que nous obtiendrons la liste des projets sélectionnés pour l’enseignement en Région de Bruxelles-Capitale.

 

Pour les nouveaux projets, la mise en œuvre démarrera dès mars 2015.  Pour les projets récurrents, leur mise en œuvre se poursuit avec toutefois l’intégration des éléments novateurs dès mars 2015.

 

Je vous remercie de votre attention.

 

 

 

 

 

Joëlle MILQUET

Vice-présidente et Ministre de l’Education, de la Culture et de l’Enfance

[1] NEET càd jeunes de 15 à 24 ans qui ne sont ni à l’emploi, ni dans l’enseignement, ni en formation.