Concurrence stérile entre établissements

  • Question de M. Laurent Henquet à
    Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre
    de l’Éducation, de la Culture et de
    l’Enfance, intitulée « Concurrence stérile
    entre établissements »

M. Laurent Henquet (MR). – La déclaration
de politique communautaire énonce clairement
que la concurrence stérile entre établissements ne
sera plus tolérée. Cela semble logique au vu des finances
de la Communauté française. Dans un entretien
au journal Le Soir du 1er septembre, vous
affirmiez : « Je veux que l’ensemble des écoles
d’une région ou d’un quartier se parlent, se coordonnent,
aient des projets communs et des options
mieux réparties. » Je partage entièrement votre
point de vue.
Pourtant, en septembre 2013, l’Institut technique
de Namur (ITN) a ouvert une option sportétudes
en troisième année en transition technique.
Une dizaine d’élèves sont inscrits dans chacune des
deux années. C’est le minimum pour que l’option
soit maintenue. Quel ne fut pas notre étonnement
d’apprendre que, pour la rentrée 2014-2015, une
autre école ouvre la même option à quelques kilomètres
de là. Si les élèves se répartissent dans les
deux écoles, cette option risque d’être supprimée
dans les deux établissements.
Mes questions sont simples. Pourquoi avoir
autorisé l’ouverture de cette option alors que, l’année
précédente, sa fréquentation était déjà limitée
? N’est-ce pas une belle illustration de ce qu’il
faut éviter ? N’est-ce pas en totale contradiction
avec ce qui vient d’être rappelé ?
Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre
de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance.
– Comme vous le savez, l’ouverture d’une
option de sport-études est régie par le décret de
1992 relatif à l’organisation de l’enseignement secondaire
de plein exercice. Ce décret prévoit que
le pouvoir exécutif définit par zone géographique
les organes et les obligations de concertation entre
établissements de même caractère. Cette concertation
porte notamment sur la programmation et sur
l’harmonisation de l’offre régionale de formation.
Nous devons dépasser ce qui existe. Il s’agit
d’une concertation entre établissements de même
caractère. Pour améliorer l’offre d’enseignement
et sa gouvernance, nous devons éviter le développement
d’options semblables dans des établissements
voisins et renforcer les options dont on
aurait davantage besoin. Il s’agit d’optimaliser
l’offre, non pour réduire l’emploi ou pour augmenter
le nombre d’élèves par option mais pour
renforcer les filières les plus porteuses pour l’avenir,
outre le critère de fréquentation. Certaines options
qui préparent à des métiers en pénurie sont
parfois peu fréquentées alors que d’autres options
très fréquentées sont désuètes.
Par ailleurs, j’aimerais approfondir l’organisation
en bassins de vie afin d’améliorer la coordination
de l’offre scolaire entre établissements.
Il s’agit de développer des spécialisations et de
diversifier l’offre tout en évitant les doubles emplois
et les doubles financements. Ce chantier est
énorme et indispensable d’un point de vue économique.
Les budgets dégagés pourraient être réinjectés
dans des projets pédagogiques.

M. Laurent Henquet (MR). – Je vous remercie
pour votre réponse. Cependant, il ne s’agit
pas d’établissements de même caractère. S’il s’agissait
de deux écoles d’enseignement catholique, la
Communauté française n’aurait aucun droit de regard.
Des conseils d’harmonisation et des conseils
de zone auraient à en décider.
Dans notre cas, l’initiative a été lancée par une
école catholique et la réplique a été donnée par
une école d’enseignement de la Communauté française.